
Retour d’ESSOR 02 sur Perspective économique 2026 de la CCISF
30 janvier 2026 - ESSOR 02
Nous avons eu l’occasion d’être présents lors du très attendu rendez-vous annuel Perspective économique de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay – Le Fjord (CCISF). Le prestigieux événement portait la thématique; Cap sur la révolution économique. Un thème prévu depuis plusieurs mois que l’invitée, Mme Isabelle Hudon, présidente de la Banque de développement du Canada (BDC), a pris soin de réajuster en parlant davantage d’évolution économique. Pourquoi? Parce qu’il n’est plus l’heure d’être en réaction aux intempéries, mais plutôt de nous mettre à la tâche, d’être en action.
Cet élément subtil, qui apporte une modification majeure dans la façon de réfléchir le développement régional, a fait écho à l’allocution d’ouverture du maire de Ville Saguenay, M. Luc Boivin, qui promet une importante annonce lors du prochain conseil de ville. Saguenay, considérée par l’élu comme ayant le potentiel de devenir la métropole nordique du Canada, a déjà enclenché le changement de vitesse, et ne souhaite pas se résigner à un petit pain.
Lors de la rencontre, on nous a présenté plusieurs impératifs que les entreprises doivent inclurent dans leur stratégie pour 2026. L’IA, pour les questions de technologie et de productivité, est au menu et revient plusieurs fois durant les présentations. Repenser la taille et l’envergure des entreprises est également un point incontournable. Des changements d’échelles – par absorption d’entreprises existantes notamment – sont souhaités et pourraient contribuer à atténuer une crise qui se pointe à l’horizon due au manque de relève pour les PME. Il est finalement nécessaire que les entreprises aient de la souplesse et de l’impulsion pour s’adapter aux imprévus.
Pierre Cléroux, économiste en chef de la BDC, énumère quelques facteurs impactants à surveiller pour l’année en cours, soit la renégociation de l’ACÉUM, la diminution de la démographie et, chose plutôt positive, la stabilisation des taux d’intérêt. Optimiste ou éclairé, M. Cléroux prédisait, l’an dernier, lors de l’événement Perspective économique 2025 de la CCISF, une croissance économique de 1.5 % au Canada. Bien que plusieurs prédisaient plutôt une récession, les prévisions de M. Cléroux se sont avérées assez juste, avec une croissance économique évaluée à 1.7 % au pays. Cette année, l’économiste prévoit deux augmentations, la consommation et les investissements gouvernementaux. Une perspective qui peut faire sourire nos entreprises, surtout en considérant que les gens favorisent plus que jamais l’achat local. On propose plusieurs pistes de solutions pour les entreprises afin d’augmenter leur rentabilité; la diversification des revenus, l’IA et les technologies et, on peut s’y attendre, l’acquisition d’entreprises par absorption.
Ce qui a particulièrement retenu notre attention, ce fut le panel de discussion entre Mme Éloïse Harvey, cheffe de direction d’EPIQ Machinerie, et Éric Dufour, vice-président régional et associé – Conseil en management, Raymond Chabot Grant Thornton. L’échange, portant sur la création de richesse par le repreneuriat, était riche et constructif. Non seulement les chiffres sur le nombre inédit d’entreprises qui seront à vendre d’ici 5 ans étaient très parlants, mais également ceux sur la quantité d’entreprises n’ayant pas de plan de relève.
Deux éléments importants sont à considérer dans l’impact global de la situation au-delà du manque de préparation des entreprises; la perte de la mémoire dans les organisations et l’intérêt grandissant de la relève de passer à une transformation des modèles de gouvernances. Le modèle hiérarchique traditionnel se voit désormais un peu mis à part par les nouvelles générations d’entrepreneurs qui aspirent à une plus grande collaboration, voir coopération. Cet écart méthodologique peut contribuer à complexifier le transfert d’entreprise, le cédant se retrouvant souvent perdu et désorienté face aux ambitions de la relève à aplanir la gouvernance.
Cette gouvernance partagée, on peut la voir sous plusieurs formes juridiques, mais M. Dufour prend soin de nous rappeler qu’il est cohérent de remettre le modèle coopératif au goût du jour. Il mentionne la reprise collective comme une option non pas marginale, mais en réponse à la demande croissante de la relève. Une solution réjouissante sous plusieurs angles; la conservation de notre patrimoine entrepreneurial local, une réponse à l’enjeu de la perte de mémoire au sein de l’entreprise, mais aussi, d’un point de vue écosystémique. Et par bonheur, l’ensemble du réseau disponible pour soutenir les initiatives de reprises collectives est particulièrement solide au Québec.
La table semble donc mise pour que des liens plus étroits soient établis entre le mouvement de l’économie sociale, dont nous sommes la porte d’entrée, ici, dans la région, et les interlocuteurs de premières lignes des cédants d’entreprises, afin d’apporter un maximum de soutien dans l’aventure qui attend ces cédants.
Voilà ce qui bouclait la boucle de cette rencontre annuelle incontournable pour les différents agents, personnalités publiques et entrepreneurs qui forment le tissu entrepreneurial du secteur Saguenay – Le-Fjord. Un grand merci à la Chambre de commerce et ses partenaires pour l’événement et pour nous offrir une telle qualité d’invités.






