Notre terroir et les rêves citoyens

9 juillet 2025 - ESSOR 02

Alors que le Québec se penche sérieusement sur son autonomie alimentaire, nous pouvons observer que les solutions émergent, bien souvent, directement de notre territoire. Portées par des modèles d’affaires collectifs, elles sont ancrées dans les valeurs de solidarité, de résilience et de développement durable.

Sur le terrain, les exemples abondent. Des bleuetières coopératives aux jardins de solidarité, des coopératives d’utilisation de machinerie agricole (CUMA) aux initiatives de commercialisation groupée, les entreprises d’économie sociale contribuent activement à la consolidation de notre terroir. Plus encore, elles innovent constamment par l’éducation, la mobilisation, la mutualisation de ressources, et créent de la valeur économique tout en respectant les limites humaines et écologiques.

Nutrinor, fleuron régional, symbolise bien cette force collective. Grâce à un modèle qui permet l’intervention de chacun des partenaires dans la conception, le développement, la réalisation et la vente de ses produits et services, la coopérative rassemble des producteurs, transforme et distribue des produits agricoles locaux, formant ainsi une chaîne complète qui démontre que l’économie sociale peut allier rentabilité, sécurité alimentaire et développement régional durable.

Le Sommet de l’économie sociale 2025, tenu en mai dernier à Montréal et groupant plus d’un millier d’acteurs influents, a reconnu le potentiel des pôles logistiques alimentaires, semblables aux initiatives soutenues par Nord-BIO et Bizz COOP, pour apporter des solutions structurantes. Ces initiatives correspondent aux rêves citoyens, analysés suite à l’importante concertation menée par le Grand Dialogue du Saguenay–Lac-Saint-Jean, qui aspirent à l’accroissement de notre autonomie alimentaire d’ici 2040.

Dans toutes les régions, des travaux ambitieux sont en cours pour créer des pôles logistiques agroalimentaires et renforcer les chaînes d’approvisionnement locales. ESSOR 02, allié avec le Chantier de l’économie sociale, le TIESS, le CQCM et la CDRQ, rappellent avec force que les coopératives et les OBNL doivent être au cœur de ces stratégies. Les entrepreneurs collectifs de l’agroalimentaire, loin d’agir dans la marginalité, proposent et représentent des solutions structurelles concrètes, adaptées aux enjeux du XXIe siècle.

Les défis sont complexes : accaparement des terres, changements climatiques, transformation des habitudes de consommation, mais la réponse est déjà en partie là, dans ces structures collectives, souples, humaines, qui savent s’adapter aux besoins de ceux qui les façonnent.

Pour une agriculture de proximité, juste et durable, nous avons besoin de chacun de vous — agriculteurs, consommateurs, citoyens. Les outils existent déjà : regroupement de l’offre, fiducies d’utilité sociale agricoles (FUSA), mutualisation. La première étape? Entrer dans le mouvement!

Publié dans le numéro de juin 2026 du journal Informe affaires.

Crédit photos : pascalpicard.ca

Partenaires financiers